NOTRE SOCIÉTÉ SOUS-ESTIME T-ELLE VOLONTAIREMENT LES DANGERS DU DÉCAPAGE ?

Simple impression ou paranoïa ? Il semblerait de nos jours qu’il y ait de plus en plus de personnes qui chaque jour franchissent le pas et décident de se « retoucher » le teint, ce qui a pour conséquence directe une offre en constante augmentation de produits en tous genres plus ou moins dangereux. De l’Asie à l’Amérique nombreuses sont les femmes à travers le monde qui pour diverses raisons, notamment sociales, sont tentées de s’éclaircir, pour acquérir un « teint de porcelaine » pour les unes ou un « teint clair» pour les autres.

Bien qu’elles ne soient pas les seules à être concernées par le phénomène de décapage ou « whitening », les femmes noires, notamment africaines sont celles auxquelles on l’associe volontiers aujourd’hui. Et pourtant cette mode a été bel et bien lancée dans les années 70 aux Etats Unis puis s’est peu à peu répandue sur les autres continents dont le nôtre. Non sans dégâts…
En ce mois dédié à la femme, nous avons tenu à aborder ce sujet qui bien que visiblement inscrit dans la culture populaire, reste paradoxalement tabou –peu assument et avouent s’y adonner. Si parler de cheveux et de soins de peau peut parfois paraître futile se sont des sujets comme le décapage, le tchatcho encore appelé khessel qui nous rappellent qu’il n’en est rien. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous tenons tant à aider la femme à s’accepter telle qu’elle est, quelle que soit son origine, sa couleur de peau et sa nature de cheveu. Il est naturel de vouloir parfois sublimer sa beauté, mais il est possible d’y parvenir sans danger pour sa santé tout en conservant son identité.

Il est en effet difficile pour de nombreuses personnes d’accepter le fait que TOUT produit décapant est DANGEREUX pour la peau et donc pour la santé. Or:
1. Leur composition dit tout. Ils sont faits à base de:
– Hydroquinone: composante utilisée pour la préparation de produits pour ongles (concentration maximale de 0,02%) donc à usage strictement professionnel.
– Cortisone/Corticoïdes: médicaments prescrits sur ordonnance par les dermatologues contenant un ingrédient appelé clobétasol utilisé à l’origine uniquement pour traiter certaines maladies de peau et administré uniquement sur autorisation d’un dermatologue
– Sels de mercure : composante chimique très dangereuse utilisé comme conservateur dans la fabrication de savons mais qui en usage direct est dangereux pour la santé (infections de la peau, détruit le film protecteur de la peau)
Toutes ces composantes altèrent le taux de mélanine qui est à l’origine de la couleur de la peau et qui la protège. Elles brûlent en quelque sorte la peau pour accélérer le processus de blanchiment. Certaines femmes vont malheureusement jusqu’à mélanger des produits d’entretien de maison tel que la javel à leur savon ou crèmes afin d’accélérer le processus.

2. Quelles sont les conséquences directes sur du moyen et long terme ? Vulnérable, la peau qui ne peut plus se protéger ou même cicatriser naturellement parce qu’elle a été agressée en continue, est principalement sujette à des infections. Du coup à la moindre blessure les risques d’aggravation sont réels : brûlure, pilosité grandissante, acné et vergetures, cancer de la peau, insuffisance rénale, diabète, hypertension artérielle, allergies, problèmes osseux, perte de la vue etc. Pour des raisons évidentes les femmes enceintes ou allaitantes encourent des risques encore plus élevés et mettent en danger la vie de leurs enfants exposés à des risques toxiques.

3. Pour Monsieur et Madame tout le monde, les produits décapants sont en général vendus sous forme de savons ou de pommades. Pourquoi séduisent- ils aussi facilement? Parce qu’au delà des promesses de beauté « claire » leur coût peu élevé séduit et peu importe dans ces conditions qu’ils aient été mis au point dans des conditions d’hygiène déplorables par des chimistes amateurs plus préoccupés par la recherche de gains que par la santé de leurs client(e)s.

4. En raison de la nocivité des produits décapants sur la santé, plusieurs pays ont décidé de leur interdire l’accès à leur territoire ; tandis que d’autres conscients du phénomène de société qu’est devenu le blanchiment de peau, en dépit de sa dangerosité, multiplient les campagnes publicitaires contre sa propagation.

Pour notre part, Il semble important de faire la distinction entre vouloir un meilleur grain de peau, un teint unifié et décider de changer de couleur de peau, généralement pour répondre à des critères de beauté imposés par notre société. Dans le 1er cas il existe des alternatives plus naturelles et bien moins néfastes qui ont tout à voir avec une bonne routine (gommage régulier du visage ou usage de crèmes solaires pour protéger sa peau). Ces habitudes ne rendront pas la peau plus claire mais elles aideront à garder votre teint unifié, moins terne et à conserver une bonne mine sans aucun danger pour votre santé. La seconde option, le décapage, présente tant de dangers sur du moyen et long terme que le teint « jauni » ou « blanchi » obtenu dans un 1er temps apparaît difficilement être une ‘‘bonne affaire’’.
Pourquoi selon vous s’exposer volontairement à tant de risques ? La pression sociale justifie-telle de telles décisions ? Qu’est-ce que ça révèle sur nous-mêmes ? Comment changer concrètement les choses ? La parole est à vous Talowa People!

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